10.12.2008
Bourdais : le principe du coureur-payeur

La crise financière a fait ressurgir un concept que l'on croyait définitivement - et heureusement- enterré en F1 : le pilote payant. Depuis quelques années, les dix écuries du plateau avaient réussi à aligner des paires de pilotes au talent certain. Fini les pseudo-coureur à la conduite aussi déroutante que la lourdeur de leur portefeuille, place aux vrais gentlemen drivers.
Des sous, des sous, des sous!!!
Certes, les sponsors continuent de vouloir "caser" leurs champions nationaux dans certaines écuries. L'entreprise espagnole Telefonica pour Alonso, ou plus récemment le pétrolier brésilien Petrobras qui a fait le forcing ces dernières semaines pour que Bruno Senna, neveu d'Ayrton, ou Lucas di Grassi trouvent une place de titulaire chez Honda...Espoirs douchés par le retrait du constructeur japonais.
Chère F1
Le cas Honda ne fait qu'illustrer un constat : la F1 vit au-dessus de ses moyens. Et encore, le constructeur japonais aurait pu se permettre de rester dans la discipline reine, il en a les moyens. Ce n'est pas le cas d'autres écuries, dites indépendantes comme Williams, Force India ou...Toro Rosso. Malgré le soutien de Red Bull, l'écurie, basée à Faenza en Italie, a encore quelques difficultés à boucler son budget pour la saison prochaine.
Bourdais désargenté
Du coup, Sébastien Bourdais, pilote titulaire en 2008, est mal parti pour conserver son baquet un 2009. Pourquoi? Pas assez riche mon fils. Interrogé par L'Equipe, il a confié qu'il avait du mal à accepter cette situation. Alors, pour espérer continuer à piloter dans la discipline reine, le Manceau doit trouver entre deux et cinq millions de dollars. C'est bien dommage. Dommage qu'un pilote qui a prouvé sa valeur sportive et mérité sa place en F1 soit obligé d'aller faire la manche pour conserver un volant. Allez, espérons une explosion des ventes de rillettes du Mans pour Noël ou un geste de MMA (les ex Mutuelles du Mans) afin "d'assurer" l'avenir du petit frenchie en F1.
(Photo RamdomDiceRoll/flickr)
15:57 Publié dans Formule Un | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : formule un, f1, sébastien bourdais, bourdais, toro rosso
La F1 va-t-elle disparaitre?

La Formule Un a connu un véritable séisme avec l'annonce le 5 décembre dernier du retrait du constructeur japonais Honda. Un retrait brutal, inattendu. Certes, l'équipe, basée à Brackley en Angleterre n'a pas franchement brillé depuis son retour dans la discipline reine, d'abord comme fournisseur de moteurs, puis comme écurie à part entière. Elle affichait pourtant de grandes ambitions en recrutant Ross Brawn, l'ex stratège des écuries Benetton et Ferrari, qui a notamment permis à Mickaël Schumacher de remporter 7 titres de champions du monde.
La F1 en crise
Dès lors une question se pose : Honda n'est-il que le premier d'une longue liste? Adam Parr, le directeur de l'écurie Williams, écurie par ailleurs en grandes difficultés financières, ne mache pas ses mots : "Je crois que nous allons probablement perdre une autre écurie avant le début de la saison prochaine et qu'il y a de grandes chances pour que ce soit l'écurie d'un constructeur". Pas très rassurant. Mais pour l'instant, aucune annonce n'est venue confirmer les craintes du patron de Williams.
Réduire les coûts
Pour survivre, la F1 doit impérativement réduire ses coûts. Max Mosley, le président de la Fédération Internationale de l'Automobile, n'y va pas par quatre chemins : "J'imagine mal comment les autres (constructeurs) pourraient rester si nous n'arrivons pas à faire réduire drastiquement les coûts". Comment? Grâce à la magie de la standardisation. Max Mosley a ainsi sorti de son chapeau un règlement technique ultra contraignant pour 2010. Il a lancé un appel d'offres remporté par Cosworth. Vendredi prochain, le Conseil mondial de la FIA, réuni à Monaco, devrait entériner cette décision.
Course...à la standardisation
Si cette décision est avalisée, voilà ce qui devrait se passer. Cosworth fournira dès la saison 2010 un moteur standard à chaque équipe pour un coût annuel de 6,5 miilions d'euros. La transmission, elle, sera fournie par la société Ricardo Transmissions. Cinq équipes se sont montrées intéressées par cette proposition : Red Bull, sa petite "soeur" Toro Rosso, Williams, Force India...et plus étrangement Renault, qui mettrait du coup fin à ses activités de motoriste.
Adieu Ferrari?
Mais cette idée n'est pas du tout du goût des autres "grands" constructeurs comme Ferrari, Mercedes, Toyota qui y voit une attaque à l'essence même de ce sport. Segio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, qui détient Ferrari, s'est ainsi clairement exprimé : "Si l'introduction du moteur standard à lieu, je ne pense pas que Ferrari continuera. Cela n'en vaut pas la peine." La FIA a pourtant tout prévu. Les constructeurs pourront toujours construire leurs propres moteurs, mais ses performances ne pourront pas être supérieures à celles du moteur standard. Il parait pourtant aberrant que des constructeurs développent des moteurs sans en tirer aucun avantage par rapport à la concurrence.
Dilemme
En ces temps de crise financière, la Formule Un ne peut plus se permettre de dépenser des sommes folles. Mais comment imaginer que la discipline reine du sport automobile, qui "carbure" depuis plus de 1950 à la compétition et à l'innovation, vende son âme au diable en devenant une formule monotype? C'est impensable. Seul hic : les alternatives ne courrent pas les rues. Et si les pontes de la F1 ne trouvent pas un compromis permettant de réduire les coûts tout en maintenant l'esprit de compétition, cette discipline est vouée à une disparition certaine. On attend vendredi avec appréhension.
Image : Wurz conduit la Honda à Goodwood
Crédit : estoril/flickr
14:27 Publié dans Formule Un | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : formule un, f1, honda, renault, crise
03.04.2008
Affaire Mosley : règlements de compte sur fond de relents nazis
La guerre est déclarée entre Max Mosley, le président de la FIA (la Fédération internationale de l'automobile) et certains constructeurs de Formule Un. Mercedes, BMW, Honda et Toyota ne veulent plus entendre parler de l'homme qui vient d'être impliqué dans un scandale sexuel.
Dans une vidéo diffusée dimanche, on voit Max Mosley s'adonner à une orgie nazie en compagnie de cinq prostituées. Le principal intéressé refute avoir voulu donner une quelconque connotation nazie à sa partie de jambes en l'air. Pourtant les images sont assez explicites. Dans un communiqué, il a présenté ses excuses et envisage d'attaquer le journal anglais News of the World, qui a rendu étalé au grand jour les "ébats présidentiels".
Malgré la gravité des faits, Max Mosley n'envisage pas de démissioner. Pourtant, il ne sera pas présent dimanche au Grand Prix de Bahrein, la famille royale ayant jugé sa présence "inappropriée".
Plus grave, les constructeurs japonais et allemands redoutent les conséquences des frasques du président de la FIA pour l'image de la Formule Un. Il faut savoir que le père de Max Mosley, Oswald, fonda dans les années 1930 de la British Union of Fascists (BUF), un groupe antisémite notoire (voir la vidéo du lancement officiel de la BUF par Oswald Mosley). Tout ça commence à faire beaucoup pour un seul homme.
BMW et Mercedes se sont donc fendu d'un communiqué commun. Ils ont condamné le contenu "honteux" des publications et demandent "une réponse pertinente de la part des membres directeurs de la FIA".
Mais au lieu de laisser passer l'orage, l'intenable Max Mosley leur a répondu de manière pour le moins...surprenante :
"Etant donné l'histoire de BMW et de Mercedes-Benz, en particulier avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, je comprends entièrement qu'ils souhaitent se désolidariser fortement de ce qu'ils décrivent à juste titre comme le contenu honteux de ces publications", a t-il déclaré aujourd'hui dans un nouveau communiqué.
Faut-il voir dans ce geste maladroit une manière très personnelle de faire amende honorable? Pas sûr. Rappeler le rôle joué par BMW et Mercedes-Benz au temps de l'Allemagne nazie n'est pas du meilleur goût. Si Max Mosley ne démissionne pas, les coulisses de la Formule Un promettent d'être animées dans les prochaines semaines.
(Photo Dan Smith/Wikipedia)
16:20 Publié dans Formule Un | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Formule Un, Mosley, scandale, BMW, Mercedes, Toyota, Honda










